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Je j’avais exprimé la réponse à cette question dans mon dernier message vous étant adressé (et j’espère que vous ne l’avez pas mal pris, mais la courtoisie ne souffre pas de questions plus directe). Voici quelque unes de vos affirmation qui m’interroge, car elles sont semblable à celle du corpus négationniste:
“comparaison entre le génocide juif et le génocide dit arménien”, “le discours dit négationniste des Turcs”,
“je ne pense pas (il se peut que je me trompe) non plus que la volonté du gouvernement ottoman était d’exterminer les Arméniens”,
“doit-on oublier les victimes turques et leur douleur” puis vous citez le négationniste Gilles Veinstein…
Enfin, je ne vous traite pas de négationniste mais je constate que lorsque vous dites: “il existe des historiens (…) qui n’arrivent pas à démontrer l’existence d’un tel plan concentré, d’une telle intention génocidaire”. Cette phrase, a une ressemblance inquiétante avec celle-ci: “il n’existe aucun ordre écrit comme orale, ni dans Mein Kampf et ni dans les archives Allemandes, qui prouve que Hitler voulait exterminé les Juifs” qui n’a d’autre auteur que Robert Faurisson (célèbre professeur d’université de Lyon, condamné pour négationnisme).
Bonne continuation au blog reporters pour le travail excellent, avec beaucoup de professionnalisme et une objectivité de ton.
]]>Comme beaucoup de descendants de rescapés, je vis avec ce qui devient avec le temps et de plus en plus, vu le déni turc, une légende familiale. Je n’ai personnellement jamais eu affaire “de visu” comme ici avec des Turcs négationnistes. Ce que j’en savais, c’est seulement ce que j’en avais lu dans les différents journaux et sites (“armenian.ch” ou “tete de turc”). Les argumentations des négationnistes que j’ai lues ici tournent effectivement au délire de persécution. C’est édifiant. S’ils savaient comme leur pays sortirait grandi s’il acceptait son histoire… L’exemple de l’Allemagne est pourtant tellement clair. On peut être fier aujourd’hui d’être allemand. Les Turcs par contre sont obligées de se justifier en permanence, de dire, quand ils déclinent leur nationalité, qu’ils ne sont pas tous des monstres et de venir chez eux pour s’en rendre compte.
J’étais une fois, il y a une dizaine d’années, à New York dans une navette qui m’amenait de mon hôtel à l’aéroport. En face de moi étaient assises deux persoones, visiblement un père et sa fille. Lui était très vieux, recroquevillé sur sa canne, elle la soixantaine énergique. Elle me dévisageait avec insistance. Au bout de quelques minutes, elle m’adressa la parole en une langue que je reconnu être du turc. Je répondis en anglais que n’ètait pas turc et que je ne parlais pas cette langue, même si mon père était né à Ak-Chéhir. Il y eut un silence. Puis, les yeux de la femme se sont remplis de larmes. Le vieux monsieur à côté d’elle hochait la tête douloureusement. “Vous savez”, me dit-elle dans un anglais magnifique, “nous ne sommes pas tous des monstres, et nous ne sommes pas tous d’accord avec l’histoire que nous impose le gouvernement de la Turquie”. Cette main tendue-là, je l’ai prise dans mon coeur.
Celle tendue plus haut, accompagnée des mots qui font mal, non merci…
]]>L’enquête conjointe Halacoglu-Sarafian rendue impossible par la partie turque
Dans un éditorial publié mercredi 14 mars 2007 dans le quotidien turc « Turkish Daily News » le chroniqueur Mehmet Ali Birand revient sur l’échec d’une enquête conjointe proposée par Yusuf Halacoglu directeur de l’Institut d’Histoire Turc à Ara Sarafian chercheur à l’Institut Gomidas à Londres sur la « thèse d’un génocide arménien ». Ce dernier avait accepté et proposé la région d’Harpout comme lieu d’étude.
Mehmet Ali Birand rappelle que Yusuf Halacoglu avait organisé une conférence de presse 9 mars dans laquelle il avait affirmé que l’étude conjointe ne se ferait pas en présentant un article du journal Agos en date du 2 mars indiquant que la diaspora arménienne était furieuse de l’acceptation d’Ara Sarafian et concluant que le chercheur arménien avait dû annuler son projet suite aux pressions de cette dernière.
Or Mehmet Ali Birand affirme que la lecture d’un article de Fatih Altayli publié par le quotidien « Sabah » le 13 mars 2007 infirme les propos de Yusuf Halacoglu : « Il apparaît que Halacoglu a refusé d’ouvrir les archives sans limites et a objecté contre la présence de certains documents. Qu’est-ce que cela veut dire ? Si vous n’alliez pas montrer les documents, pourquoi demandez-vous une réunion ? Pourquoi organisez-vous une telle réunion auparavant sans convenir des conditions d’ouverture des archives ? Pourquoi amorcez-vous un processus si vous ne pouvez pas aller jusqu’à la fin ? La Turquie est déjà sur la défensive sur cette question et ce dernier développement signifie un autre point marqué contre nous. Personne ne croira plus jamais la Turquie quand elle proposera d’ouvrir ses archives et de partager tous les documents pour que les historiens puissent discuter de la question ».
Dans un communiqué en date du 7 mars 2007 Nora Vosbigian de l’Institut Gomidas de Londres précise que « les documents “inexistants” se rapprochent directement aux deux décrets ottomans sur lesquels les historiens officiels turcs s’appuient pour revendiquer que la déportation et le replacement des arméniens en 1915 était réglementée. Le décret.du 30 Mai 1915 concerne la régulation des déportations et le décret du 10 juin 1915 la régulation des déportés, la liquidation de leurs propriétés et leur compensation dans leur lieu d’exil ».
Elle précise que l’Institut Gomidas avait demandé d’examiner ces registres car selon ces règlements, chaque déporté arménien devait être enregistré, personne par personne, village par village. Les propriétés des déportés devaient être enregistrées et vendues ; lorsque les déportés étaient installés dans leur lieu d’exil, ils devaient recevoir des dédommagements à hauteur de leurs biens d’origine. Selon ces règlements, les officiers ottomans devaient produire des rapports méticuleux comptabilisant les déportations, les réinstallations et les indemnisations pour chaque arménien qui a été déporté en 1915.
L’Institut Gomidas affirme que c’est à la suite de la participation du Yusuf Halacoglu à une émission de télévision sur CNN-Turk le 26 février 2007 qu’il a appris que les documents demandés en consultation n’existaient pas. Yusuf Halacoglu a déclaré : « Il (Sarafian) connaît très bien les archives. Il sait aussi qu’il n’y a pas de documents pour chaque village listant les personnes par nom. Il n’y a pas de tels enregistrements. S’ils existaient, ils ne nous auraient posé aucun problème. Il aurait été préférable pour nous de les produire ».
Pour l’Institut Gomidas l’explication de Yusuf Halacoglu « n’est pas très claire » car ce dernier ne précise pas si la non-existence des documents ottomans demandés est définitive ou si elle est due à une absence de catalogage et soulève quelques questions fondamentales :
1. Les directives ottomanes règlementant les déportations de 1915 ont-elles été exécutées selon la lettre de la loi ? Si oui, pourquoi nous dit-on que les registres concernant ce transfert de masse de population, n’existent pas ? Ont-ils tous disparu, pour l’ensemble du territoire de l’Empire dans son entier, à la fois dans les archives locales et dans les archives centrales ?
2. Si ces régulations n’ont pas été respectées, comment ont été règlementés les déplacements des arméniens, leurs dédommagements pour leurs propriétés et la réinstallation des déportés ? Est-il envisageable qu’aucun de ces règlements n’ait été mis en place dans l’ensemble de l’Empire, de Erzeroum à Yozgat, Izmit et Kayseri ? S’il en est ainsi où sont les traces des archivistes dans des archives ottomanes associées à la course actuelle des événements ?
3. Est-il possible qu’aucun registre n’ait été conservé, ni pour la déportation ni pour la réinstallation ? Si oui, était-ce le cas sur l’ensemble du territoire de l’Empire ottoman et pourquoi aucun registre n’a-t-il été conservé ?
4. Si des enregistrements ont été conservés puis détruits, pourquoi ont-ils été détruits ? et ont-ils été détruits sur l’ensemble de l’Empire à la fois dans les archives locales et dans les archives centrales ?
5. Est-il possible que le Dr Halacoglu se trompe ? Se peut-il qu’une partie des documents que nous avions demandés existent ? Est-il possible que les enregistrements de la déportation et de la liquidation des biens existent mais sans aucun enregistrement de réinstallation correspondant ?
Selon Ara Sarafian (Institut Gomidas, Londres) : « Des sources primaires en dehors de Turquie indiquent que la déportation des arméniens en 1915 et la liquidation de leurs propriétés étaient réglementées par les autorités de l’Etat Ottoman. Les arméniens étaient déportés sous les auspices d’officiels ottomans. La plupart des déportés sont morts de famine ou bien ont été massacrés sur la route de la déportation ou sur leur lieu d’exil (lieu le plus notable Der Zor). Nos sources montrent qu’il n’y a jamais eu de programme de réinstallation comme le suggèrent les historiens défendant la thèse officielle turque ».
L’Institut Gomidas espère que le Dr.Halacoglu expliquera pourquoi il pense que les documents demandés par l’Institut n’existent pas, en particulier ceux de Harpout et des environs
]]>Les Arméniens ont du mal à comprendre que les Turcs ont besoin de l’arbitrage soit d’une cour de justice soit d’une commission mixte d’historiens. Puisque la voie juridique n’est pas ouverte, je ne vois pas d’autres solutions que la commission mixte d’historiens.
PS : Concernant, la période Vichy, il a été admis lors du procès Papon, qu’il n’y avait pas eu de rupture juridique mais continuité de l’Etat français.
]]>Les conventions de 1968 d’imprescriptibilité des crimes de guerre, ça interpelle quelqu’un? Evidemment le régime turc d’aujourd’hui endosse la responsabilité du crime commis par leurs prédécesseurs hier de même que le régime allemand post-troisième Reich (deux régimes qui n’avaient rien à voir l’un l’autre, je pense que tout le monde s’accordera la dessus)a réparé le Génocide commis contre le peuple juif par les Nazis. C’est d’ailleurs d’autant plus vrai pour le cas arménien qu’en déployant une politique négationniste active, le gouvernement turc perpétue le crime par le déni. N’oublions pas que le négationnisme fait parti du processus génocidaire, il en est sa phase suprême.
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